Qu’est-ce que l’euthanasie chez le chat ?
L’euthanasie est un acte vétérinaire destiné à provoquer la mort d’un animal de manière rapide et sans douleur lorsqu’il n’est plus possible de lui assurer une qualité de vie satisfaisante.
Elle est principalement envisagée chez les chats atteints d’une maladie grave ou incurable (cancer, insuffisance rénale chronique…), lorsque les traitements disponibles ne permettent plus de contrôler suffisamment la douleur ou les autres symptômes. Elle peut également être proposée chez un chat très âgé dont l’état général s’est fortement dégradé.
L’objectif n’est donc pas de raccourcir arbitrairement la vie du chat, mais d’éviter la prolongation de souffrances devenues difficiles ou impossibles à soulager.
Quand faut-il envisager l’euthanasie de son chat ?
Il n’existe pas de moment universellement valable pour décider d’une euthanasie. La situation dépend de la maladie, de son évolution, des possibilités thérapeutiques et surtout de la qualité de vie du chat. Une affection incurable ne conduit d’ailleurs pas systématiquement à une euthanasie immédiate. Certains chats atteints d’une maladie chronique peuvent conserver pendant plusieurs mois ou plusieurs années une qualité de vie satisfaisante grâce à un traitement adapté.
La question de l’euthanasie se pose davantage lorsque les traitements ne permettent plus de contrôler correctement les symptômes ou lorsque leur bénéfice devient insuffisant par rapport aux contraintes qu’ils imposent à l’animal.
La douleur n’est pas toujours facile à identifier chez le chat, qui a tendance à dissimuler les signes de faiblesse et peut continuer à présenter certains comportements habituels malgré une maladie avancée. Une modification importante du comportement doit toutefois attirer l’attention. Un chat qui s’isole, ne se déplace presque plus, refuse de manger, néglige sa toilette ou ne parvient plus à utiliser sa litière peut présenter une dégradation importante de son état général.
La douleur peut également se traduire par une posture inhabituelle, une réticence à être touché, de l’agressivité, des difficultés à se déplacer ou une diminution importante des interactions avec son entourage.
Un seul de ces signes ne signifie pas nécessairement qu’une euthanasie doit être envisagée. C’est leur persistance, leur accumulation et l’impossibilité de les améliorer qui doivent conduire à réévaluer la qualité de vie du chat avec le vétérinaire.
Évaluer la qualité de vie permet d’apporter des éléments plus objectifs à une décision particulièrement émotionnelle. Il est notamment utile d’observer si le chat mange et boit suffisamment, parvient à se déplacer et à faire ses besoins, conserve des interactions avec son entourage et semble encore éprouver du plaisir dans certaines activités.
Comparer le nombre de « bonnes journées » et de « mauvaises journées » peut également aider à suivre l’évolution de la situation. Noter quotidiennement l’appétit, les déplacements, le comportement ou les épisodes douloureux permet parfois de mettre en évidence une dégradation qui était difficile à percevoir au jour le jour.
Le vétérinaire peut accompagner le propriétaire dans cette évaluation et expliquer ce qui peut encore être amélioré grâce aux soins palliatifs ou, au contraire, quels signes indiquent que les possibilités thérapeutiques deviennent limitées.
La décision doit être discutée avec le vétérinaire qui suit l’animal. Celui-ci peut expliquer le pronostic de la maladie, les traitements encore envisageables et les conséquences prévisibles d’une poursuite des soins.
Il peut être utile de poser des questions très concrètes : la douleur peut-elle encore être contrôlée ? Le chat peut-il retrouver un confort acceptable ? La maladie risque-t-elle de provoquer prochainement une urgence ou une détérioration brutale ?
Il est parfois possible d’anticiper cette discussion avant que l’état du chat ne devienne critique. Définir avec le vétérinaire les signes qui devront conduire à envisager l’euthanasie peut éviter d’avoir à prendre la décision dans l’urgence.
L’euthanasie est réalisée par un vétérinaire. Son déroulement peut légèrement varier selon l’état du chat et les pratiques de la clinique.
- Une sédation peut d’abord être administrée afin que l’animal soit détendu et s’endorme progressivement.
- Le vétérinaire injecte ensuite un produit euthanasique, généralement par voie intraveineuse.
- Le chat perd rapidement conscience, puis les fonctions respiratoires et cardiaques s’arrêtent.
- Le vétérinaire vérifie ensuite l’absence de battements cardiaques afin de confirmer le décès.
Certains phénomènes peuvent survenir après la mort et être impressionnants lorsqu’on n’y est pas préparé. Il peut notamment se produire des mouvements réflexes, une expiration, des contractions musculaires ou une émission d’urines ou de selles. Ces réactions sont involontaires et ne signifient pas que l’animal souffre ou qu’il est encore conscient.
Peut-on rester avec son chat pendant l’euthanasie ?
Dans la plupart des cliniques vétérinaires, le propriétaire peut rester auprès de son chat pendant l’euthanasie s’il le souhaite. Il peut ainsi lui parler, le caresser ou simplement rester près de lui. Il n’y a toutefois aucune obligation. Certaines personnes préfèrent ne pas assister à l’injection ou quitter la pièce après la sédation. Ce choix est personnel et peut être discuté avec le vétérinaire.
Lorsque le service existe localement, une euthanasie à domicile peut également être envisagée. Elle permet au chat de rester dans un environnement familier et évite le stress du transport jusqu’à la clinique.
Que devient le corps du chat après l’euthanasie ?
Plusieurs possibilités existent après le décès. Le propriétaire peut choisir une crémation collective ou une crémation individuelle permettant, s’il le souhaite, de récupérer les cendres de son animal. Ces choix peuvent être discutés avec la clinique avant l’euthanasie afin de ne pas avoir à prendre toutes les décisions immédiatement après le décès.
Combien coûte l’euthanasie d’un chat ?
Le prix d’une euthanasie varie selon la clinique vétérinaire, les modalités de l’intervention et la nécessité éventuelle d’une consultation ou d’une sédation préalable. La crémation représente un coût supplémentaire, variable notamment selon qu’elle est collective ou individuelle.
Lorsqu’une euthanasie intervient à la suite d’une maladie ou d’un accident, les dépenses vétérinaires peuvent déjà être importantes en raison des consultations, examens, traitements ou hospitalisations nécessaires.
Généralement, pour une euthanasie accompagnée d’une crémation, le prix varie de 200 à 500 euros.
Selon le contrat et les garanties souscrites, une assurance santé animale peut contribuer à la prise en charge de certains frais liés à la maladie ainsi que, pour certaines formules, de frais associés au décès de l’animal.
Faire le deuil de son chat après une euthanasie
La perte d’un animal avec lequel on a vécu pendant de nombreuses années peut provoquer un deuil intense. Lorsqu’il a fallu prendre la décision de l’euthanasie, un sentiment de culpabilité peut également apparaître.
Échanger avec ses proches, son vétérinaire ou des personnes ayant vécu une situation similaire peut aider à traverser cette période. Certains propriétaires trouvent également du réconfort dans la création d’un souvenir de leur animal, par exemple en conservant ses cendres, une photographie ou l’empreinte d’une patte.
Pour conclure, l’euthanasie d’un chat peut être envisagée lorsqu’une maladie, des douleurs ou une dégradation importante de son état général ne permettent plus de lui garantir une qualité de vie satisfaisante. La décision doit être prise avec le vétérinaire en tenant compte du confort de l’animal, de son pronostic et des possibilités de traitement. Lorsqu’elle devient nécessaire, l’euthanasie permet d’accompagner le chat sans prolonger des souffrances qui ne peuvent plus être suffisamment soulagées.