Un réflexe bien installé… mais pas encore automatique pour tous
Commençons par la bonne nouvelle : plus de deux propriétaires de chiens sur trois (68 %) déclarent ramasser systématiquement les déjections de leur animal. Pour les autres, le geste devient plus circonstanciel. 22 % disent ne ramasser que lorsque leur chien fait ses besoins sur un trottoir ou un chemin de promenade et 9 % déclarent ne pas ramasser. Plus surprenant : 2 % reconnaissent sortir le petit sac lorsqu’une autre personne les regarde.
Jardin, campagne, forêt : chacun semble avoir sa zone d’exception
Parmi les propriétaires qui déclarent ne pas ramasser, les explications données permettent de mieux comprendre ce qui motive leur choix. Le lieu revient très souvent : « dans mon jardin », « j’ai un grand terrain », « je vis dans une ferme », « j’habite à la campagne », « en forêt » ou encore « mon chien ne sort pas en ville ». Derrière ces réponses se dessine une même idée : une crotte semble plus gênante lorsqu’elle se trouve sur le passage de quelqu’un que lorsqu’elle est déposée au milieu de l’herbe ou de la nature.
Dans la nature, elle disparaît… mais pas toujours sans laisser de trace
Une crotte laissée dans un sous-bois ou au bord d’un chemin paraît évidemment moins problématique que sur un trottoir. Après tout, elle finira par se décomposer. Mais se décomposer ne signifie pas forcément être sans effet sur l’environnement. Les selles et l’urine des chiens apportent notamment de l’azote et du phosphore aux sols. Or, dans certains milieux naturels, un excès de ces nutriments peut entraîner une sur-fertilisation : certaines plantes, comme les orties, se développent alors plus facilement, au détriment d’espèces adaptées à des sols plus pauvres.
Des chercheurs ont mesuré en 2022 ce phénomène pendant un an et demi dans quatre forêts et réserves naturelles périurbaines en Belgique. Résultat : les apports combinés des selles et de l’urine des chiens ont été estimés à environ 11 kg d’azote et 5 kg de phosphore par hectare et par an.
Cela ne signifie évidemment pas qu’une crotte oubliée va bouleverser à elle seule une forêt. Mais dans les espaces naturels très fréquentés par les chiens, leur accumulation peut, à terme, modifier l’équilibre de la végétation et la biodiversité. Une bonne raison de considérer le petit sac comme utile ailleurs que sur le bitume.
Une contravention qui ne sent pas bon
Et pour ceux que l’argument écologique ne convaincrait pas, il reste l’argument financier. Le Code pénal sanctionne l’abandon de déjections dans un lieu où leur dépôt n’est pas autorisé. Le non-ramassage des déjections de son chien sur l’espace public peut ainsi relever d’une contravention de quatrième classe, dont l’amende forfaitaire est fixée à 135 euros. De quoi rendre le petit sac soudain beaucoup plus sympathique.